Réglages personnalisés du X100T de l'auteur

Presque tous les appareils photos du marché sont personnalisables pour s'adapter avec plus ou moins de souplesse aux habitudes de son utilisateur. Le FUJIFILM X100T appartenant à la gamme X professionnelle, laisse libre très largement à une personnalisation poussée de son comportement, de certaines touches et de ses rendus photographiques.

Touches programmables


Le X100T autorise une personnalisation comportementale très poussée via sept de ses touches. Il s'agit sans aucun doute de l'appareil le plus souple que je possède car mes reflex NIKON n'offrent pas une souplesse équivalente. L'illustration ci-dessus correspond à la configuration usine standard mais elle n'est pas opérationnelle, surtout si on ne se sert jamais du X100T pour la vidéo.

Personnellement, j'ai trouvé mon confort avec cette composition de touches :

Fn1 ==> Choix de la sensibilité ISO (Valeur précise ou une tranche automatique)
Fn2 ==> Choix de la zone de mise au point
Fn3 ==> Choix du type de photométrie
Fn4 ==> Choix du film à simuler
Fn5 ==> Activer/désactiver la détection auto d'un sujet
Fn6 ==> Activer/désactiver le filtre ND
Fn7 ==> (désactivé)

Gestion d'alimentation

Avec le X100T, il est possible de gérer très intelligemment son alimentation, notamment si vous n'avez qu'une seule ou deux batteries. Cependant au bout de très nombreux mois d'utilisation et après l'achat de trois batteries de secours (en plus de la batterie fournie d'origine avec le X100T), j'ai pu mesurer les inconvénients d'une gestion d'alimentation mal adaptée à la réactivité photographique, notamment en photographie sur le vif. Ainsi, j'en ai conclu personnellement que les 3 paramètres de la gestion d'alimentation du X100T doivent être réglé de la façon suivante pour un excellent compromis entre économie d'énergie et une réactivité optimale :

- EXT.AUTO ===> 2 min
- ECO. ENERGIE OVF ===> NON
- HAUTES PERFORMANCES ===> OUI

Si la gestion d'alimentation s'avère un vrai gain de réactivité sur l'allumage du X100T et la vivacité de la mise au point (autofocus) avec les HAUTES PERFORMANCES activées ; à l'usage, il n'en est pas de même de l'économie d'énergie de l'OVF (viseur optique). En effet, quand l'économie d'énergie de l'OVF est activée, il en résulte l'inconvénient que le cadre blanc représentant le cadrage de la scène et toutes les autres informations apparaissent très sombres à l'allumage. A la seule sollicitation du déclencheur, le X100T met au moins 1,5 à 2 secondes à allumer ce cadre blanc...Beaucoup beaucoup trop long pour être réactif et rester discret sur une scène de rue. De plus, il a été de très nombreuses fois mentionné que l'économie d'énergie de l'OVF ralentissait sensiblement l'autofocus, sa désactivaction débouchant ainsi sur un second avantage jouant encore davantage en faveur de la réactivité du X100T. Il vaut donc mieux commettre le sacrifice de s'équiper en quelques batteries supplémentaires, majorer la consommation énergétique par vue afin d'obtenir ce cadre blanc de cadrage toujours parfaitement visible dès l'allumage comme sur les LEICA ainsi qu'une mise au point automatique au meilleur de sa forme. De ce fait, la scène à prendre ne vous échappera plus pour simplement avoir voulu patienter son allumage (économie d'énergie oblige).

La visée - OVF ou EVF ?



Avec le X100T, le viseur est hybride (optique ou électronique) et ceci constitue un point fort considérable en fonction du type de photographie que l'on pratique. Le X100T bénéficie par ailleurs d'une innovation majeure avec l’incrustation dans le viseur optique d'une toute petite portion électronique à l'angle droit inférieur correspondant à la zone de mise au point. Faisant partie des photographes très exigeants envers eux-mêmes, je cadre la très grande majorité du temps mes images au cordeau avec l'EVF (viseur électronique). Si mon viseur embrasse très fidèlement les 100% de la scène réellement capturée comme le permet l'EVF du X100T, je pense comme Henri Cartier-Bresson que la scène a été vue, prise à un instant donné, un lieu donné et qu'il me semble être un terrible aveu d'échec de devoir la recadrer ultérieurement sur ordinateur. Pour une utilisation confortable du viseur électronique en toutes circonstances, le réglage de luminosité basique (0) n'est pas suffisant et je travaille personnellement avec un EVF dont la luminosité a été relevée de deux crans (+2).

J'utilise rarement l'OVF (viseur optique) de part sa relative imprécision de cadrage découlant du défaut bien connu de la parallaxe (proportionnellement problématique à la distance du sujet) et de sa couverture de seulement 92% de l'image finale représentée par un cadre blanc apparaissant en sur-impression dans le viseur. Cependant, l'OVF se révèle un régal tout particulièrement pour la photo sur le vif à distance modérée (> 1 mètre) car pour ce type de photographie bien particulier, je ne recherche pas particulièrement un cadrage au cordeau mais surtout une visée anticipative, claire, lumineuse, large pour saisir le fameux "instant décisif". La photo sur le vif est le seul et unique type de photographie où je laisse totalement l'intuition prendre le pas sur la rigueur d'un cadrage parfait car l'accomplissement de la beauté de ce type de photo tient à sa composition mais pas à son cadrage. L'OVF permet les tirs sauvages intuitifs visant à figer une situation parfaitement composée dans un cadre pouvant être préalablement imprécis. Au départ, j'étais frustré par les imprécisions de cadrage de l'OVF car la photographie sur le vif est un domaine encore fort récent pour moi et il m'aura fallu préalablement en intégrer la philosophie : Saisir la composition d'une émotion/manifestation humaine avant le cadre. Je retrouve avec l'OVF ce délicieux plaisir de la possible surprise après le déclenchement qui fascinait Garry WINOGRAND à la découverte de ses images par le simple fait que la photographie puisse se résumer à voir « à quoi ressemblent les choses quand elles sont photographiées ». Tout du moins pour la photo sur le vif, je ne ressens plus de frustration, de gêne ou la sensation d'échec du fait de devoir recadrer au développement des RAW car il est presque certain que l'action qui donne bien justement toute la force à l'image aurait sans doute été loupée avec l'EVF.

A ce propos, il me semble bien utile de lire cet excellent article sur le (re-)cadrage rédigé bien justement par un expert français de la photo sur le vif : http://bernardjolivalt.blog.lemonde.fr/2012/12/23/le-cadrage-definitif/

Par ailleurs, pour conclure sur une optimisation de la visée, on peut choisir les données que l'on souhaite obtenir en permanence en cours de celle-ci. L'EVF est la visée dans laquelle j'affiche le maximum d'informations en temps réel : Guide cadrage 9, témoin distance MF, Ouverture/Vitesse d'Obturation/Sensibilité ISO, Compensation d'exposition, Photométrie, Simulation de film, Taille/Qualité d'image et l'état batterie. Au contraire, pour ne pas me laisser distraire dans ma surveillance de ce qui entre ou sort du cadre blanc en photographie sur le vif, il m'apparaissait important d'évoluer avec un OVF minimaliste "à la LEICA" se limitant à l'affichage du témoin de distance en mise au point manuelle et le type de photométrie, laissant le cadre blanc seul proéminent car étant très largement dégagé sur tous les côtés de toutes informations pour pleinement me concentrer à mon sujet. La correction de la parallaxe et le décalage du point AF pour les tirs à moins d'un mètre d'une cible sont actifs pour parer à toute éventualité.

Profils photographiques

Avec le X100T, il est très aisément possible de créer jusqu'à sept profils (C1 à C7) sur mesure que l'on peut appeler en quelques secondes via la touche Q.



Il m'apparaît tout à fait naturel de partager mes propres réglages par soucis de transparence sur mon travail et d'altruiste partage avec autrui possédant le même boitier. Au-delà d'un certain paramétrage comportemental du X100T, ces profils s'appliquent surtout à concevoir une table de rendus photographiques propres à l'utilisateur pouvant être appelés à tout moment en fonction du sujet à immortaliser, à partir du renseignement de neuf paramètres dont les subtiles "TON LUMIERE" et "TON OMBRE" :
  1. ISO
  2. PLAGE DYNAMIQUE
  3. SIMULATION DE FILM
  4. BALANCE DES BLANCS
  5. COULEUR
  6. DETAIL
  7. TON LUMIERE
  8. TON OMBRE
  9. REDUCT. DU BRUIT
Après une certaine période à tester mes différents profils, j'en suis arrivé à une table stable de rendus correspondant aux résultats que j'attendais de ce X100T. Cette table trouve surtout son utilité pour l'utilisation du X100T en JPEG dans les sept situations suivantes :

C1 - Documentaire couleur général
C2 - Documentaire couleur KODACHROME en "Classic Chrome"
C3 - Scènes de rue couleur
C4 - Portrait en intérieur (avec ou sans flash)
C5 - Portrait en extérieur
C6 - Scènes nocturne couleur
C7 - Scènes monochromes


Profils actualisés en octobre 2015

Autrement, ayant ma pleine préférence aux données brutes de capteur sous format RAW (.RAF), ces profils permettent tout du moins d'approcher le résultat final directement à la prise de vue pour me faire gagner un temps excessivement précieux dans mes post-traitements sur mes plusieurs logiciels de développement photographique. Temporairement, j'avais observé des phénomènes sur l'ISO Auto que je n'arrivais pas à m'expliquer. Mes profils n'incluaient donc plus de sélection de tranches d'ISO automatiques avec vitesse minimale et démarraient tous à la sensibilité la plus faible (ISO 200), à l'exception de C6 pour le nocturne. L'expérience étant un drôle de maître qui nous désapprend tout ce qu'il nous avait enseigné la veille, après quelques nouvelles aventures, j'ai réinvesti les réglages ISO Auto. Ma meilleure connaissance du X100T m'a amené toutefois à plus de rigueur dans la rédaction des profils C1 à C7. Je conserve néanmoins la sélection manuelle de la "bonne" sensibilité ISO via une touche de raccourci programmée, en fonction du contexte, tout du moins pour basculer entre les marges Auto 1, Auto 2 et Auto 3...Ou viser un ISO précis. Pour que cette sélection manuelle conserve tout son sens, ma rigueur consista à attribuer une plage fermement identique pour Auto 1, 2 et 3 pour les 7 profils (avec toutefois quelques spécifications avec Auto 1 spec. et Auto 2 spec.)
Désormais, je ne sors plus que très exceptionnellement en dehors de ces automatismes :

AUTO 1 → ISO 200 à 1600 -- Vitesse mini 1/125
AUTO 2 → ISO 400 à 3200 -- Vitesse mini 1/125
AUTO 3 → ISO 800 à 6400 -- Vitesse mini 1/125

AUTO 1 spec. → ISO 200 à 6400 -- Vitesse mini 1/125
AUTO 2 spec. → ISO 400 à 6400 -- Vitesse mini 1/125

La plupart des profils sont réglés par défaut sur les plages Auto 1 spec. ou Auto 2 spec.

Le film Velvia a été définitivement écarté parmi mes 7 profils par retour d'expérience de cet été et de cet automne 2015. Sa saturation pour les paysages est beaucoup trop forte (sauf cas très exceptionnels). Le rendu très équilibré et réaliste de la KODACHROME ("Classic Chrome") ou de la FUJICHROME Astia font de ces deux films ma définitive préférence de travail. L'utilisation beaucoup trop rare du Velvia ne mérite pas la mobilisation d'un profil.

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------ C1

ISO = Auto 1 spec.
Plage dynamique = 100
Simulation de film = Astia
Balance des blancs = Auto
Couleur = 0
Détail = 1
Ton lumière = 0
Ton ombre = 0
Réduction de bruit = 0

------ C2

ISO = Auto 1 spec.
Plage dynamique = 100
Simulation de film = C.Chrome
Balance des blancs = Auto
Couleur = 0
Détail = 1
Ton lumière = -1
Ton ombre = 0
Réduction de bruit = 0

------ C3

ISO = Auto 2 spec.
Plage dynamique = 200
Simulation de film = Astia
Balance des blancs = Auto
Couleur = 0
Détail = 1
Ton lumière = -1
Ton ombre = 0
Réduction de bruit = 0

------ C4

ISO = Auto 2 spec.
Plage dynamique = 100
Simulation de film = Ng Std
Balance des blancs = Auto
Couleur = 0
Détail = 1
Ton lumière = -1
Ton ombre = 0
Réduction de bruit = 0

------ C5

ISO = Auto 1
Plage dynamique = 100
Simulation de film = Ng Hi
Balance des blancs = Auto
Couleur = 0
Détail = 1
Ton lumière = -1
Ton ombre = 0
Réduction de bruit = 0

------ C6

ISO = Auto 3
Plage dynamique = 400
Simulation de film = Astia
Balance des blancs = Auto
Couleur = 0
Détail = 0
Ton lumière = -2
Ton ombre = 0
Réduction de bruit = 1

------ C7

ISO = Auto 1 spec.
Plage dynamique = 100
Simulation de film = NB
Balance des blancs = Auto
Couleur = /
Détail = 1
Ton lumière = 1
Ton ombre = 2
Réduction de bruit = -2

La règle de l'ISO 320 - f/11 en photo sur le vif en extérieur très ensoleillé

Avec le X100T, je me suis rendu compte à l'usage en extérieur, par temps ensoleillé, que la photo sur le vif pouvait être menée très confortablement, parfois beaucoup plus confortablement qu'avec une tranche de sensibilité ISO automatique qui régule automatiquement la sensibilité sur la vitesse maxi de l'obturateur à 1/125ème, en se basant sur une sensibilité fixe. 
Les photographes de rue avaient ainsi commune habitude en argentique de se baser sur une sensibilité de 400 ISO (raison évidente que le film KODAK TRI-X 400 était devenu la référence monochrome). J'ai connu l'époque (en 2004-2005) où la différence de qualité d'image en numérique sautait aux yeux entre 200 et 400 ISO ; la sensibilité de 800 ISO étant à peine utilisable. Pour avoir une véritable qualité d'image optimale, il fallait donc temporiser sans arrêt pour déclencher le plus souvent possible à la sensibilité la plus basse possible. Depuis cette époque révolue, le numérique a fait des progrès extraordinaires, au point qu'aujourd'hui, dix ans après, il est possible de réellement travailler jusqu'à 6400 ISO. De ce fait, la différence de qualité d'image entre 200 et 400 ISO sur le X100T est quasi-indécelable par l'oeil humain. En contrepartie, travailler à une sensibilité légérement un peu supérieure à 200 ISO permet d'atteindre des vitesses très souvent supérieures à 1/125ème avec une large profondeur de champ (un diaphragme ouvert au moins à f/8, idéalement à f/11). 
Atteindre de telles vitesses avec une profondeur de champ confortable se révèle particulièrement favorable à la photo sur le vif car par expérience, j'ai constaté que je pouvais parfois, dans le feu de l'action en "volant" un instant intéressant (en tentant par tous les moyens de ne pas me faire remarquer), subir malgré tout un léger flou. "Voler" un instant consiste en effet à être le plus vif possible pour se faire le moins remarquer afin que la scène conserve toute son authenticité au moment où le tir est effectif.
Tellement vif hélas que la vitesse maxi de 1/125ème de l'ISO AUTO n'est pas suffisamment rassurante !

Ma piètre pratique de la photographie sur le vif en extérieur m'a montré très positivement sur le temps que le duo "ISO 320 - f/11" se révélait régulièrement gagnant avec le X100T, avec des vitesses souvent comprises entre 1/200ème et 1/500ème de seconde qui figent littéralement la scène, au point d'en faire finalement une règle sûre de travail, surtout par conditions particulièrement lumineuses.

La règle des ISO Auto

Avec la règle de l'ISO 320 - f/11, on peut se faire piéger si on est beaucoup trop absorbé par ses sujets et que l'on ne regarde pas toujours les retours d'informations de la cellule sur la vitesse. En photo de rue dans des conditions de lumière très changeantes, la sûreté demeure dans une plage ISO automatique permettant de ne jamais descendre en dessous de 1/125ème de seconde pour des tirs vifs sans aucune ambiguïté pour piéger les sujets.  J'avais perdu confiance en l'ISO Auto car lors d'un reportage, j'avais remarqué que mon X100T s'obstinait à démarrer à ISO 400 dans des scènes très lumineuses alors que j'avais programmé la plage à ISO 200 mini.
Je croyais temporairement à un fâcheux bug. Néanmoins, mon humilité conservait mon esprit ouvert et j'étais persuadé au fond de moi-même qu'une subtilité de l'ISO Auto m'échappait.

J'ai trouvé la réponse à ce mystère dans une source anglophone (http://huestones.co.uk/node/296).
On oublie souvent que l'ISO Auto est dépendant du Dynamic Range (DR) qui peut varier de 100 à 400. Dans le manuel officiel de l'utilisateur, j'avais intégré d'entrée de jeu à l'achat du X100T que le DR100 débute à ISO 200, le DR200 débute à ISO 400 et le DR400 débute à ISO 800. Par simplicité, j'avais opté pour le DR Auto, pensant naïvement que c'est la sensibilité ISO qui guide automatiquement la valeur du Dynamic Range et non l'inverse. Malheureusement, il s'agit de l'équation opposée à mes pensées de départ : La valeur DR automatiquement choisie guide le choix automatique de l'ISO. Du coup, ce soit-disant bug du firmware interne n'est pas et trouve son explication dans le choix arbitraire par le X100T, 95% du temps d'un DR200 en mode DR Auto d'où ce démarrage surprenant en ISO 400 alors que l'ISO 200 serait suffisant pour satisfaire la vitesse minimale de 1/125ème de seconde que j'ai défini. Pour que le boitier accepte de démarrer à ISO 200 en mode ISO Auto, la solution réside tout simplement à lui imposer strictement le DR100.

Ayant compris la philosophie de l'ISO Auto, tout est rentré dans l'ordre.